lundi 19 janvier 2026

Barcarès : marché de plein vent !

 

Trois fois par semaine, le cœur du village s’anime sous les couleurs du marché de plein vent. Les étals, alignés comme des soldats de bois et de toile, se déploient avant même que le soleil ne chasse les dernières ombres de la nuit. Heureusement, ici, la pluie se fait discrète, presque timide, et les gelées mordantes préfèrent épargner ces jours-là, comme si la nature elle-même respectait ce rendez-vous ancestral.

Les marchands, fidèles parmi les fidèles, sont toujours là, qu’importe la saison. Leurs visages burinés par les années, leurs mains expertes disposent fruits, fromages ou tissus avec une précision presque rituelle. 

Leurs voix, tantôt chantantes pour vanter une marchandise, tantôt graves pour négocier un prix, tissent une symphonie familière qui berce les lieux. Même en hiver, quand l’air pique et que les clients se font rares, ils persistent, comme pour honorer une promesse silencieuse faite à la terre et à ceux qui la cultivent.

Mais c’est l’été qui transforme vraiment la place. Dès les premiers beaux jours, les acheteurs affluent, attirés par les parfums de melons mûrs, de pain doré et d’herbes fraîches. Les paniers s’emplissent, les conversations fusent, les rires des enfants se mêlent aux éclats de voix des adultes. 

Les touristes, reconnaissables à leurs regards émerveillés et à leurs sacs encore vides, s’arrêtent devant chaque étal, comme s’ils craignaient de manquer une merveille. Les habitants, eux, savent où trouver la meilleure tomate ou le fromage le plus crémeux ; ils échangent des nouvelles, des recettes, des souvenirs, et parfois même des confidences, comme si le marché était aussi un lieu de thérapie collective.

Et puis, il y a ces petits riens qui font toute la magie : le craquement d’un emballage en papier kraft, le tintement des pièces dans une caisse en métal, le froissement des feuilles de salade sous les doigts d’une vieille dame qui choisit avec soin. Même les mouettes, venues de la mer toute proche, tournent au-dessus des têtes, espérant chaparder un morceau de poisson ou un bout de pain.



Quand vient l’heure de plier les étals, la place semble retenir un souffle, comme si elle gardait en mémoire les éclats de vie du jour. Les marchands repartent, certains le pas léger, d’autres un peu courbaturés, mais tous avec la satisfaction d’avoir, une fois encore, fait vivre ce lieu où se croisent les saisons, les générations et les histoires. 



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