mercredi 3 juin 2026

Les guignes mûres

 Oui ! Mon guignier est un magicien, il a capté la lumière de mai dans ses fruits, les transformant en perles de soleil accrochées aux branches. Leur rouge est celui des couchants d’été, leur chair, un équilibre parfait entre douceur et piquant. Les cueillir, c’est voler un peu de cette alchimie : la terre, l’eau, le temps… et le patience du jardinier.



Le guignier plie sous l’ardeur des matins,

Ses branches chargées de fruits vermeils ;

Leur éclat s’étire en feux sereins,

Et le jardin s’emplit de destins.

Ô toi qui passes, tends la main,

Cueille ces joyaux sans effroi ;

Leur douceur mûre est ton chemin,

Et mai t’offre son plus beau soin.




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samedi 23 mai 2026

Petits citrons verts

 


Après les fleurs d’ivoire au parfum enivrant,

Écloses au printemps sous un ciel transparent,

Mon citronnier frileux, baigné d’aube et de pluie,

Offre un nouveau trésor qui lentement reluit.

De minuscules fruits, d’un vert tendre et fragile,

Sont nés timidement aux rameaux graciles ;

Pareils à des joyaux suspendus dans le vent,

Ils tremblent au jardin sous l’air encore mouvant.

À peine sont-ils là que déjà je m’émerveille

Devant ces petits ronds que le soleil éveille ;

Promesse délicate aux parfums de l’été,

Mystère végétal empli de volupté.

Mais le ciel est changeant, parfois rude et sauvage,

Le vent peut se lever dans un sombre tapage ;

La grêle, en furieuse ennemie des vergers,

Peut meurtrir les bourgeons et les fruits encore légers.

Grandiront-ils demain jusqu’à l’or des citrons,

Lourds de jus et d’éclat au bout des verts rameaux ronds ?

Je l’espère en silence en regardant l’arbre vivre,

Lui qui, malgré les jours incertains, cherche à survivre.

Alors je veille encore sur ces fragiles naissances,

Craignant l’orage noir autant que ses violences ;

Et mon cœur de jardinier, patient et rêveur,

Attend l’heure bénie des fruits mûrs à cœur.


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mercredi 20 mai 2026

Fleurs de la sanguine

 


Je n’aime pas particulièrement cette plante arbustive que je connais sous le nom de « sanguine ». Elle a certes une allure assez rustique et une croissance vigoureuse, mais justement, c’est ce côté envahissant qui finit par me lasser. Dès qu’elle se plaît quelque part, elle semble vouloir occuper tout l’espace disponible, au détriment des autres plantations du jardin.


Pourtant, je dois reconnaître qu’elle possède aussi quelques qualités. Au moment de la floraison, elle se couvre d’une multitude de petites fleurs blanches, discrètes mais charmantes, qui attirent une grande quantité d’insectes. Les abeilles, les petits pollinisateurs et même certains papillons viennent y butiner avec animation. Il est toujours agréable d’observer cette vie qui s’installe autour d’elle et de voir le jardin s’animer sous le soleil.


Mais cette générosité a son revers. Après la floraison, la plante produit une grande quantité de graines qui se dispersent facilement aux alentours. Très vite, de jeunes pousses apparaissent un peu partout : au milieu des massifs, entre les autres arbustes, parfois même dans les endroits où je ne souhaite rien voir pousser. Chaque année, je découvre de nouveaux plants qu’il faut arracher avant qu’ils ne prennent trop d’ampleur.


Je me retrouve donc régulièrement à limiter son expansion, sécateur et binette à la main, pour éviter qu’elle ne domine complètement le jardin. C’est une plante pleine de vitalité, presque trop généreuse, capable de se ressemer avec une facilité déconcertante. Même si je ne l’apprécie pas vraiment pour son caractère envahissant, je dois admettre qu’elle participe malgré tout à l’équilibre du jardin en attirant les insectes et en apportant une floraison légère et lumineuse.




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