Je
l’avais presque oublié, ce clivia, abandonné à l’abri du
balcon, sous un ciel d’hiver qui s’était fait trop dur. Les
premières gelées de janvier l’ont surpris, cruelles et
silencieuses. Ses feuilles, fragiles comme du papier de soie, n’y
ont pas résisté : certaines se sont recroquevillées, d’autres
ont noirci, et j’ai craint le pire. J’imaginais déjà la terre
sèche, les racines flétries, la vie qui s’échappe sans un mot.
Mais
lui, tenace, n’a pas voulu en rester là. Comme s’il savait que
mon étourderie n’était pas de la négligence, il a attendu,
patiemment, que je le remarque enfin. L’avoir rentré au salon,
près de la fenêtre où la lumière danse en fin de journée, a
suffi à le réveiller. Et aujourd’hui, c’est un vrai miracle :
entre ses feuilles encore un peu tremblantes, deux tiges florales
s’élèvent, timides d’abord, puis de plus en plus assurées.
Elles semblent me dire : « Me voilà, je suis toujours là. »
Mon
clivia s’éveille en un éclat d’orange,
Un
feu discret qui danse au bord de l’ombre étrange.
Ses
pétales s’ouvrent, doux comme un présage,
Et
transforment l’hiver en un doux mirage.
Il
semble, ce matin, qu’un soleil s’attarde,
Glissé
dans un coin où la lumière est rare.
Ses
couleurs, si vives, sont un doux regard,
Un
sourire de flamme au cœur de février froid.
Chaque
fleur est un mot, une strophe légère,
Qui
chante l’espoir quand la saison est sévère.
Le
temps s’arrête un peu, le monde est plus léger,
Quand
ton éclat, clivia, vient réchauffer l’air.
Tu
es là, fidèle, année après année,
À
m’offrir tes feux quand l’âme est tourmentée.
Un
peu de lumière, un peu de poésie,
Pour
que la maison soit un jardin d’été.
Je
vous invite à aller découvrir le petit rouge gorge,
suivez ce
lien :
https://ombreetsoleil.blogspot.com/