Après les fleurs d’ivoire au parfum enivrant,
Écloses au printemps sous un ciel transparent,
Mon citronnier frileux, baigné d’aube et de pluie,
Offre un nouveau trésor qui lentement reluit.
De minuscules fruits, d’un vert tendre et fragile,
Sont nés timidement aux rameaux graciles ;
Pareils à des joyaux suspendus dans le vent,
Ils tremblent au jardin sous l’air encore mouvant.
À peine sont-ils là que déjà je m’émerveille
Devant ces petits ronds que le soleil éveille ;
Promesse délicate aux parfums de l’été,
Mystère végétal empli de volupté.
Mais le ciel est changeant, parfois rude et sauvage,
Le vent peut se lever dans un sombre tapage ;
La grêle, en furieuse ennemie des vergers,
Peut meurtrir les bourgeons et les fruits encore légers.
Grandiront-ils demain jusqu’à l’or des citrons,
Lourds de jus et d’éclat au bout des verts rameaux ronds ?
Je l’espère en silence en regardant l’arbre vivre,
Lui qui, malgré les jours incertains, cherche à survivre.
Alors je veille encore sur ces fragiles naissances,
Craignant l’orage noir autant que ses violences ;
Et mon cœur de jardinier, patient et rêveur,
Attend l’heure bénie des fruits mûrs à cœur.
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