Sur le quai de bois, contre un vieux mur blanchi,
Sept clés monumentales se dressent sans un bruit.
Du jaune éclatant au rouge le plus profond,
Elles semblent danser, alignées à l’unisson.
Est-ce l’œuvre d’un sculpteur, d’un artiste inspiré,
Qui aurait dans la ville ses couleurs déposées ?
Leurs silhouettes étranges, leurs courbes dentelés,
Évoquent des géantes prêtes à tout déverrouiller.
Le soleil les caresse et fait vibrer leurs teintes,
Du citron lumineux aux rouges presque éteints.
Elles montent la garde, fières et immobiles,
Comme des sentinelles veillant sur la ville.
Mais approchons un peu, quittons nos illusions :
Derrière leur allure de curieuses créations,
Ces clés ne sont pas là pour ouvrir des trésors,
Ni pour livrer passage à quelque château d’or.
Elles attendent patiemment les vélos de passage,
Leurs roues, leurs guidons, leurs cyclistes de voyage.
On y fixe son vélo, on l’attache solidement,
Et l’art devient pratique, tout simplement !
Ainsi, dans la rue, l’utile et le beau
Se donnent rendez-vous sans grands discours ni mots.
Et ces clés hautes en couleur nous soufflent en secret :
L’art est parfois partout… même là où l’on gare son vélo !
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