mercredi 18 mars 2026

Laurier tin

 


Le printemps s’annonce à pas feutrés, comme un visiteur discret mais impatient. Le temps, lui, ne s’arrête jamais : les saisons défilent, emportant avec elles les couleurs et les parfums, et mon jardin, fidèle témoin, se pare de ses plus beaux atours pour célébrer ces métamorphoses. Parmi les acteurs de ce spectacle, mon laurier-tin a déjà pris les devants : il est en fleur.

Ses petites fleurs blanches, presque nacrées, s’épanouissent en bouquets serrés, comme des nuages légers posés sur des branches robustes. Chaque pétale semble retenir un rayon de soleil, et l’arbuste tout entier irradie une douceur lumineuse, éclairant un coin de mon espace vert d’une clarté presque sacrée. On dirait qu’il murmure à la nature endormie : « Réveille-toi, c’est l’heure ! »


Je me souviens des premiers printemps où j’ai observé ce phénomène. Après les frimas de l’hiver, voir ces fleurs s’ouvrir une à une est un vrai bonheur, une promesse de jours plus longs et de tartes aux prunes à venir. Le laurier-tin, avec sa floraison précoce, est comme un messager : il annonce que la ronde des cyclamens, des sedums et des éléagnus va bientôt reprendre, que la terre se prépare à offrir ses trésors.

Et puis, il y a cette émotion particulière à voir la vie reprendre ses droits, après les canicules qui ont mis à mal mes poiriers ou les gelées qui ont fait frissonner les branches. Le laurier-tin, lui, résiste. Il est là, immuable, généreux, comme pour rappeler que la nature, malgré tout, sait toujours renaître.

Peut-être est-ce aussi pour cela que je l’aime tant : il incarne l’espoir, la patience, et cette beauté sobre qui n’a pas besoin de cri pour s’imposer. Un arbuste qui, sans un mot, raconte l’histoire éternelle des saisons.


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samedi 14 mars 2026

Les Quais de Garonne

 


Sous l’or du ciel qui danse et s’étire,

Là où la Garonne en murmures respire,

Je marche, léger, le cœur en émois,

Bercé par l’eau qui chante sous les bois.

Les quais s’offrent, doux comme une caresse,

Le vent y glisse, léger, sans paresse,

Portant l’écho des rires et des voix,

Et le parfum des roses, doux et frais.

Toulouse s’éveille en couleurs d’ocre et d’ambre,

Ses ponts, ses tours, ses reflets de septembre,

Chaque pas est un vers, chaque ombre un sonnet,

Et le fleuve, complice, m’invite en secret.

Je m’arrête un instant, le regard en voyage,

Sur les flots qui dansent, libres et sauvages,

Le temps s’arrête, tout n’est que douceur,

Sous ce soleil d’or, ce doux bonheur.

Les barques passent, lentes, presque rêveuses,

Les oiseaux tracent des notes joyeuses,

Et moi, je bois ce moment si pur,

Où tout n’est que paix, lumière et azur.






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mercredi 11 mars 2026

L'orange

 

Une orange, pâle et lasse,

Gît, oubliée au fond du panier.

Personne a faim, personne ne l'embrasse,

Elle n'est plus qu'un fruit à jeter !

Son écorce, jadis si vive,

S’est ternie, s’est ridée au vent.

Elle a cru qu’on l’aimerait, naïve ?

Mais le temps l’a lentement dévorée.

Elle s’est mise à pourrir,

À fondre en une douce amertume,

Comme un rêve qui s’enfuit,

Comme un amour qui s’effume.

Personne n’a vu sa chute lente,

Son dernier souffle, son adieu.

Elle n’est plus qu’une ombre absente,

Un parfum qui s’envole dans les cieux.

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