L’hiver a pris les arbres par la main,
Leur a volé leur vert, leur murmure vain,
Et dans le froid où tout semble s’absenter,
Le clocher mur se met à nous hanter.
Ses briques rouges, comme un cœur qui bat,
Gardent la chaleur d’un feu qui ne s’éteint pas.
Mais c’est la nuit, quand la lune se tait,
Que son mystère enfin se dévoile aux secrets.
Soudain, un frémissement dans l’air glacé :
Les cloches s’éveillent, lentes, envoûtées.
Leur voix d’airain, lourde de Pâques et d’espoir,
Roule au loin, porteuse d’un message noir.
Elles chantent l’agneau, le pain, le vin partagé,
Elles pleurent aussi ce qui fut emporté,
Et dans leur plainte où vibre un éternel appel,
On croit entendre l’écho d’un monde parallèle.
Ô clocher mur, gardien des choses cachées,
Ton ombre est un livre aux pages arrachées.
Mais quand tes cloches, fêlées par le temps,
S’élancent vers le ciel en un chant tremblant,
Je sais que quelque part, derrière ton mur rouge,
Un Dieu se penche, et son souffle se bouge.
Il effleure les branches, les pierres, les vivants,
Et le mystère, un instant, devient éclatant.
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