mercredi 28 janvier 2026

La belle Isabelle

 


Isabelle, c’est le nom de cette élégante chatte aux trois couleurs, un mélange harmonieux de blanc crème, de gris perle et de taches rousses qui semblent dessinées par un pinceau délicat. Sa robe, lisse et soyeuse comme de la soie sauvage, brille sous les rayons du soleil et s’anime au moindre frémissement de l’air. Elle est une artiste du repos : le jour, elle s’étire avec grâce sur le rebord ensoleillé de la fenêtre, les pattes avant repliées sous son menton, les yeux mi-clos, à l’écoute des bruits familiers de la maison. On dirait qu’elle rêve, bercée par le murmure des pages qu’on tourne ou le cliquetis des cuillères dans les tasses.


Mais quand la nuit tombe, Isabelle se transforme. Ses pupilles s’élargissent, avides de lumière et de mouvement, et ses pas deviennent légers, presque imperceptibles. Elle glisse entre les ombres, oreille aux aguets, queue frémissante, prête à bondir sur une proie imaginaire ou réelle. La chasse est pour elle un ballet silencieux, une danse où chaque geste compte. Parfois, elle revient fièrement avec une feuille morte ou un brin d’herbe entre les dents, comme pour dire : « Regarde, j’ai conquis la nuit ! »

Son caractère est aussi contrasté que sa robe : tantôt câline et ronronnante, tantôt indépendante et mystérieuse. Mais toujours, elle apporte une douceur et une présence rassurante, comme si elle veillait, à sa manière, sur ceux qui partagent son royaume.


Si vous désirez découvrir la lumière prisonnière,

 suivez ce lien :

https://ombreetsoleil.blogspot.com/



samedi 24 janvier 2026

Les bateaux au Barcarès

 


En ce moment, les bateaux, qu’ils soient modestes barques de pêche ou imposants chalutiers, dorment à l’abri des vagues, amarrés les uns contre les autres comme des complices silencieux. Leurs coques usées par le sel, leurs filets enroulés, leurs cabines closes… Tout semble en pause, comme si le port retenait son souffle. Même les cris des mouettes paraissent plus feutrés, respectueux de cette trêve hivernale. C’est un spectacle que j’aime observer, surtout en novembre ou en septembre, quand les quais sont rendus aux habitants et aux promeneurs. Ces embarcation, qu’elles aient sillonné la Méditerranée ou simplement frôlé la côte, portent en elles des histoires de marées, de prises et de retours au crépuscule. Et moi, avec mon appareil photo, je guette ces détails qui racontent bien plus que le repos : la promesse d’un prochain départ, la trace d’une journée de labeur, ou simplement la beauté d’un bois patiné par les embruns. 





Si vous désirez découvrir des photos de platanes,

suivez ce lien :

https://gabray31en-tolosan.blogspot.com/



jeudi 22 janvier 2026

Un arbre décoratif en janvier

 


Hélas, je ne saurais dire le nom de cet arbre qui, tel un artiste discret, s’est paré pour l’hiver d’une multitude de petites boulettes dorées, accrochées aux branches comme des perles oubliées par la saison. En ce mois de janvier, où la nature semble se reposer sous un ciel pâle et apaisé, ses rameaux dénudés de feuilles offrent un spectacle à la fois sobre et généreux. Chaque fruit, minuscule et tenace, résiste au vent et au froid, transformant l’arbre en une silhouette à la fois fragile et résiliente, un peu comme ces souvenirs d’enfance qui, malgré le temps, restent suspendus à notre mémoire.

Ces boulettes, peut-être des fruits secs ou des graines en attente, évoquent les prunes de mon propre jardin, ces trésors que je récolte chaque été pour en faire des tartes parfumées. Elles rappellent aussi les cyclamens qui, chaque automne, percent la terre de mon espace vert, apportant une touche de couleur et de vie quand tout semble s’endormir. Il y a dans cette persistance une forme de poésie : la nature, même en apparence au repos, prépare déjà les promesses du printemps.

Je me surprends à imaginer les histoires que cet arbre pourrait raconter. A-t-il vu, comme moi, des générations d’enfants jouer sous ses branches, s’essayer à des acrobaties maladroites, comme je le faisais autrefois avec mon ami Jeannot dans le parc près de chez moi ? A-t-il entendu, comme un témoin silencieux, les rires et les défis lancés entre deux barres fixes, quand la jeunesse nous rendait invincibles ?

Son port élancé, ses branches entrelacées comme des doigts noueux, me font aussi penser aux vieux poiriers de mon verger, qui, malgré les canicules successives, continuent de se battre pour offrir, année après année, leurs fruits timides. Et puis, il y a cette lumière d’hiver, douce et oblique, qui traverse les interstices de son feuillage absent, dessinant sur le sol des ombres mouvantes, comme les mots que j’aime assembler pour écrire des textes accessibles, agréables à lire.

Peut-être est-ce  une espèce méditerranéenne ? Peu importe, au fond. Ce qui compte, c’est la beauté de l’instant, la façon dont il capture notre regard et nous invite à la contemplation. Comme une photographie, il fixe un moment éphémère, une trace de la réalité qui, sans cela, s’effacerait avec le temps. Une image à garder, comme celles que j’ai apprises à développer dans l’obscurité d’un laboratoire, ou celles que j’ai immortalisées pour illustrer mes articles


Et si cet arbre était une métaphore ? Une leçon de patience, de résistance, et de cette capacité à offrir, même en apparence démuni, une forme de grâce ?